lundi 16 mars 2009

Le Sable et la Pierre

Hommage à Eiji Yoshikawa


Module était un homme bon, il ne savait qu'enfiler les perles. Il avait coutume de raconter : " La chair aura ta peau. " C'était le début des soirées à cravate blanche sur chemise pour nuit noire. Un jour viendrait le cyclone d'Oléron et je l'attendrai de pied ferme le cul accroché aux barrières du tsunami. Un jour à la fois, une minute à la seconde : l'entrée dans le chapitre d'une vie se démarre parfois au méridien d'un poteau télégraphique, allongé sur le sol à contempler le vide de la mémoire intersonique. La vie a évolué en sons, comment emmener le départ d'un nouveau voyage pour l'espace ?

En se lançant à l'assaut des mémoires périphériques sur lesquelles nous avons tous tracé nos pas, marchant dans la boue des guerres de la bonté dantesque d'avoir à néo-réinventer sans cesse au son des lances barbares et des goitres coincés engoncés dans l'écorce de l'avenir : sous la fourrure de la vie se cache la peau du futur. Julien le grec est mort, vivent les arabes sunnites et l'empire des chiites.

Dans le fatras de la mélanine se cache mon histoire grotesque. Les visages apparaîtront comme les formes condamnées par l'épître d'un saint chrétien. Il n'est point de religion sans idéologie, ni déontologie sans le concours de nos démonologies. Ça fait beaucoup de logos pour une toute petite vie même pas condamnée au départ de son fleuve. En quoi le Bhagwavant pourrait-il nous sauver ?

Je tatoue le visage des incarnations à même la peau. Demain j'irai skié. Perché là où je suis, au milieu des montagnes carrées à 2000 mètres d'altitude. Ces montagnes dont l'odeur de la prose font le reflet du vivant. Les chalands au visage désabusé n'ont pas encore blasé le cul terreux de tous les corinthiens. Les bourgeois n'auront pas la peau des morts vivant.

Il le savait, et il le savonnait. Il sifflait par foi dans un souffle en anglais :
" Do you want to watch my colors ? "

Schopenhauer dit : " Le corps est miracle ! " Et le corps n'a pas de raison, il ne vit qu'au gré de la saison. Pourquoi et combien épiloguer sur un système qui n'a pas le sens qu'on veut lui donner, enfermés dans les couloirs de l'abstrait ? Le concept est avant tout contenu et la raison en elle-même n'a pas de sens. Le vrai contenu d'une idéologie puise à la source de son fond interstellaire l'essence étoilée de ses soleils pensifs dans l'âme même du grand cosmos univers.

L'universalité de la pensée n'a pas conjugué le verbe universitaire. Le son est avant tout poésie. En confondant le son du Logos avec son image on a fusionné le sens et l'essence de la quête identitaire. Au fond d'un souffle se cache le silence et le goût éphémère des passions, et le son qui coule de son fruit.

En mélangeant les bruits du son de Dieu on lui a fait un bon coup de pub. Que faisait notre mère Univers attablée à la lente harmonie des agonies de l'Idée ? Assise en tailleur sobre laissait-elle filer la tunique de soie brodée qui habillerait les hommes au concert orchestré par son mari l'Ennui ?

Dieu inventa la glose interposée par son système télévisé.

La raison philosophique est une supercherie qui a perché l'âme de sa réflexion sur le col d'un bidet. Comment maîtriser la fougue de Lungtapa, le cheval du vent ? La prose philosophique nourrit les sens de l'illusion comme on soufflerait sur les voiles d'un motif qui s'agite.

Le visage de la Beauté a pris corps dans le fond contemplé de sa propre imagination aux regards béatifiés posés sur le monde couché. Dans l'enclos des mirages Zeus a baisé une forme et enfanté la naissance d'un revers de la main.

Depuis le tabouret de ma chambre de classe toujours montaient les fumées voluptueuses et crénelées du ciel montagneux.

Allons voir si la rose est blonde !

Chaque matin, je commence par me ronger les ongles bien consciencieusement, jusqu'à l'os ; ainsi mes doigts plein de sang, je peux enfin commencer à écrire.
C'est alors que je m'assieds bien au fond de la douche, le cul assis en tailleur, vissé comme une éclipse où les rayons de l'eau se déversent en calice.

S'endormir avec Osho et se réveiller avec Trungpa voilà lecture qui se semble bien assise sur sa voie, calée sur le trône de la vie.

La voie royale consiste à se polir le cul en équilibre sur la roche et parvenir à éprouver la non-dureté de la pierre plongeant ses racines au fond de la terre.

Un bouddha assis en forme de chair avait vissé son cul assis sur la table au milieu du salon et la neige fleurissait comme une rose blanche en recouvrant des monts leur surface pelée.

L'herbe si verte et tendre apparaissait au cœur froid de l'hiver aussi chaleureux sous son manteau de montagne qu'un printemps de fée vrillée.

Une intelligence créatrice et fondatrice peut se lever dans l'inconscient des foules puis se baigner des tourbillons de la chaleur tournante, dansant aux mille feux de la corporation des chairs.

L'ultime raison d'un cœur n'est-elle pas d'exploser en milliards ? Au goût d'une poésie l'essence de la pensée n'est-elle d'être rafraîchissante ?

Ne touche-t-on pas au cœur du réel en caressant l'abstrait de la pensée antique et du zen chinois ?

N'ont-ils pas été prophètes les philosophes de la musicalité ?

Un jour viendra où les guerriers sortiront à nouveau du feu pour embrasser la terre et chanter la musique des étoiles.

Un guerrier de la lumière apparaîtra dansant au bord de l'abîme nietzschéen et criera sa joie d'être né dans les larmes du chaos.

A propos des artistes : un tableau est comme un fromage. Du lait maternel s'écoule par son sein.

Au départ y avait-il magie ? Lorsque Hercule parcourut les champs de la mathématique, au pied des vents foulés quelle force divine apaisa les charmes de son humanité ?

Toi qui étudies le rapport de la philosophie au monde, l'amour de la sagesse te portera aux nues de la Beauté sur le fil harmonieux des lignes de la conscience se promenant à travers les champs de notre Royaume.

Combien se sont attablés pour regarder le démon de la pensée en face ?

Sur la voie du guerrier, le chemin qui mène à l'être lumineux conduit par foi à l'impasse.